vendredi 3 août 2012

SAINT-JOHN-PERSE

"Quand vous aurez fini de me coiffer, j'aurai fini de vous haïr."
L'enfant veut qu'on le peigne sur le pas de la porte.
"Ne tirez pas ainsi sur mes cheveux. C'est déjà bien assez qu'il faille qu'on me touche. Quand vous m'aurez coiffé, je vous aurai haïe."

Cependant la sagesse du jour prend forme d'un bel arbre
et l'arbre balancé
qui perd une pincée d'oiseaux
aux lagunes du ciel écaille un vert si beau qu'il n'y a de plus vert que la punaise d'eau.

"Ne tirez pas si loin sur mes cheveux..."

A présent, laissez-moi, je vais seul.
Je sortirai, car j'ai affaire : un insecte m'attend pour traiter. je me fais joie
du gros oeil à facettes: anguleux, imprévu, comme le fruit du cyprès.
Ou bien j'ai une alliance aves les pierres veinées-bleu : et vous me laissez également,
assis, dans l'amitié de mes genoux.

ELOGES



A la question toujours posée:
"Pourquoi écrivez-vous?" La réponse du Poète sera toujours la plus brève "Pour mieux vivre."


SAINT-JOHN PERSE

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire