vendredi 26 juillet 2013

ERNST JÜNGER

"C'est vrai, je l'ai noté, des bataillons entiers étaient parfois décimés et j'en réchappais, comme je réchappais d'encerclements dangereux. A force de s'en sortir, on se demande évidemment s'il s'agit de hasard. Après tout, le rêve, comme la poésie, distancie peut-être de la vie et protège. Mais je vous voudrais surtout rappeler ce que je dois aux autres, à ceux sans lesquels je ne serais probablement plus en vie aujourd'hui, parents, camarades, voisins, amis inconnus. J'ai écrit dans mon livre Sous le signe de Halley que sans leur aide mes os blanchiraient au Sahara, pourriraient dans un trou d'obus; j'aurais croupi dans un camp ou une prison. Qui sait qui intervint en ma faveur lorsqu'on négociait les têtes, qui falsifia ou fit disparaître des documents ? On dit "les amis dans la peine on les perd par centaines"...mais un seul suffit. Il y avait toujours quelqu'un . Ce n'est pas un hasard"...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire